• Vos horloges retardent de quelques minutes? La faute au Kosovo!

    Ouest-France nous explique pourquoi!
    "Vous avez des pendules, des horloges, branchées sur le réseau électrique ? Depuis la mi-janvier, elles retardent de plusieurs minutes ? C’est normal. Enfin… presque. C’est comme ça dans toute l’Europe. Et la faute en revient au Kosovo. Explications.

    Votre montre est à l’heure. De même que votre téléphone potable, votre ordinateur ou votre bonne vieille horloge mécanique. Mais votre radio-réveil, lui, retarde. De près de six minutes. La petite pendule de votre four électrique aussi. Bizarre. Leur point commun ? Ils sont branchés sur le secteur. Alimentés par le réseau électrique, donc. Et c’est de là que vient votre souci.

    Car ce problème est général - il touche plusieurs centaines de millions d’Européens. Voici pourquoi : pour se maintenir à l’heure, toutes ces horloges, ces pendules se calent sur la fréquence du courant électrique, en l’occurrence 50 hertz (ou, si vous préférez, 50 impulsions par seconde). Souvenez-vous : ce sont les premières montres à quartz qui nous ont familiarisés avec cette notion. Le quartz vibre, oscille, à une certaine fréquence (32 Hz) et c’est cette oscillation qui permet à ces montres de fonctionner et de garder un rythme régulier, en lieu et place d’un ressort, des rouages et des balanciers auparavant utilisés.
    Un retard cumulé jusqu’à 6 minutes

    Or, depuis la mi-janvier, selon Entso-E, la puissante association des fournisseurs d’électricité de 25 pays (y compris hors UE), la fréquence du courant domestique a baissé. Elle est passée de 50 à 49,996 Hz.

    Sur le papier, ça n’a l’air de rien. Mais cette baisse de fréquence diminue mathématiquement le rythme de vos pendules et horloges électriques. Donc elles retardent. Et ce retard cumulé peut aller jusqu’à six minutes.

    Mais pourquoi cette baisse de fréquence du courant en Europe ? À cause du Kosovo. Ce petit pays des Balkans ne produit pas assez de courant. Volontairement, semble-t-il. Il ne veut pas injecter son électricité dans le réseau européen, refusant ainsi de contribuer à l’effort général. Objectif : faire pression sur l’Entso-E pour pouvoir rejoindre ce club fermé.

    De son côté, la Serbie, son puissant voisin, est responsable de la production d’électricité dans les Balkans. Elle devrait donc compenser les manques du Kosovo. Mais, les relations entre les deux États étant pour le moins tendues, elle s’y refuse. Tout comme les autres grandes nations énergétiques, dont la France et l’Allemagne, qui ne veulent pas non plus pallier le manque et en supporter le coût.

    Du coup, la production de courant européen subit une baisse légère de fréquence. Reste à l’Entso-E de convaincre le Kosovo de réajuster sa production, et la Serbie d’aider au rétablissement de ce niveau dans la région. Bref, de rendre l’ambiance moins électrique. Et de remettre les pendules à l’heure".
    OUEST-FRANCE